Revue de presse internationale - Juin 2015

Lu pour vous dans la presse consumériste internationale


 

L’insécurité peut prendre plusieurs facettes, et les associations cherchent partout à renforcer la protection des consommateurs.

 

C’est un record à peine croyable : une voiture sur quatre a fait l’objet d’un rappel de constructeurs en 2014 aux Etats-Unis, soit 62 millions. Sous la pression des organisations de consommateurs, qui ne lésinent pas sur les actions de groupe, les fabricants ne cachent plus les dysfonctionnements parfois graves de leur modèle. Consumer Reports s’en réjouit : cette déferlante qui se poursuit en 2015 montre que le réseau d’alertes fonctionne mieux, et les constructeurs sont contraints de se remettre en cause en matière de sécurité. Le phénomène montre en creux les progrès que doit accomplir l’Europe en la matière. Pourquoi y a-t-il aussi peu de rappels de voitures sur notre continent ? Personne ne peut croire que l’industrie auto américaine ou japonaise est bien plus médiocre que la nôtre…

 

Mais la sécurité n’est pas qu’une notion technique, les consommateurs aspirent également à une protection juridique et économique, notamment les plus vulnérables.

 

Les sinistres camions aux couleurs vives qui desservent les quartiers déshérités des grandes villes néozélandaises pour y vendre des produits de première nécessité à des tarifs exorbitants, à crédit, débarqueront ils sur d’autres continents pour écumer d’autres cités ravagées par le dénuement ? Dans ces lieux, la protection économique des habitants ne semble plus assurée.

 

L’insécurité touche également à l’alimentation, et pas seulement humaine. La Stiftung Warentest révèle que les pâtés pour chiens ordinaires sont pour près de la moitié d’entre elles carencées en éléments essentiels à la santé du chien. Et on peut y trouver de la viande de cheval au lieu du bœuf ; mais aussi et surtout, du cadmium.

 


 

ETATS-UNIS

 

La vérité sur les rappels automobiles

 

Aux Etats-Unis, 62 millions d’automobiles ont été rappelées  en 2014, un record sans précédent. C’est à peu près l’équivalent du nombre de voitures vendues en 4 ans en Amérique, ou encore un véhicule en circulation sur quatre. Certains rappels ont fait les titres des journaux et faisaient suite à de nombreux accidents et à des morts. Voilà le constat que fait Marta L. Tellado, la présidente de Consumers Union.

 

C’est pourquoi Consumers Reports a enquêté sur les raisons de ce record et a interviewé Mark Rosekind, le nouveau président de la National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA), l'agence fédérale américaine chargée de la sécurité routière.

 

Plusieurs rappels ont fait la une récemment : c’est le cas des boutons de démarrage défectueux sur des modèles de General Motors à qui on attribue au moins 50 morts, ou des airbags défectueux Takata, équipant des voitures de plusieurs marques dont Honda, que l’on sait être responsable d'au moins cinq morts et 64 blessés.

 

Les constructeurs se seraient-ils endormis sur la planche à dessin ou sur la ligne d'assemblage ? Les rappels serviront ils à améliorer les pratiques et à rendre les voitures plus sûres ?

 

Aux deux questions, Consumer Reports répond oui. Plusieurs grands constructeurs ont mis sur le marché des véhicules défectueux dans le passé et ont tenté de le cacher. Mais quand le scandale a éclaté, une exigence pour des voitures plus sûres s’est installée à tous les niveaux. C’est grâce à l’action des consommateurs, plus prompts à se plaindre et souvent prêts à aller en justice - certains dommages et intérêts, et des actions de groupe se chiffrent jusqu’à 1,6 milliards de dollars - et à un gouvernement fédéral plus offensif, que les Etats-Unis battent leur record de rappels automobiles.

 

Et il pourrait y en avoir encore plus en 2015. D’après Mark Rosekind, de la NHTSA, le système de détection des défauts fonctionne mieux. Ils sont épinglés plus tôt et plus facilement. Monsieur Rosekind explique que, ces dernières années, les organismes fédéraux ont fait de la traque des défauts de conception une priorité. Certains des plus grands rappels ont été demandées par la NHTSA, comme ceux qui concernaient les airbags Takata, et 1,5 millions de vieux modèles de Jeep Grand Cherokee et de SUV Liberty pour des trous dans les réservoirs de carburant.

 

La plupart des rappels sont lancés par les constructeurs eux-mêmes. En 2013, on a commencé à les obliger à être plus diligents pour alerter le gouvernement fédéral au moindre défaut de sécurité. Les fabricants n’ayant pas respecté les règles se sont vus infliger un total de 126 millions de dollars d'amendes par la NHTSA l'an dernier, un record là encore.

 

"Les voitures sont meilleures et plus sûres que jamais, comme l’indiquent nos tests", dit Jake Fisher, directeur du centre d’essais automobile de Consumer Reports. " La publication des résultats de crash-tests ferait des merveilles pour inciter les constructeurs à améliorer sans cesse leurs véhicules.

 

Consumer Reports rappelle à ses lecteurs que s’ils reçoivent un avis de rappel, il faut absolument le prendre au sérieux. Selon la NHTSA, 21 à 25 pour cent des problèmes visés par des avis de rappel entre 2006 et 2010 sont restés non réparés. Plus de 36 millions de voitures qui ont fait l’objet d’une action de rappel et n’ont pas été apportées au concessionnaire par leur propriétaire, circuleraient aujourd’hui sur les routes américaines.

 

Source : Consumer Reports, avril 2015

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 L'association de consommateurs

 

 

Fondée en 1936, Consumers Union (CU) publie le magazine Consumer Reports, le site Internet ConsumerReports.org et deux bulletins, Consumer Reports on Health et Consumer Reports Money. Ses sites et publications comptent plus de 7 millions d’abonnés. L'association a également plus de 500.000 militants en ligne qui l'aident dans ses actions en faveur de l'intérêt des consommateurs. CU est membre de Consumers International (CI) et de International Consumer Research & Testing (ICRT).

 

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NOUVELLE-ZELANDE

 

Faut-il mieux protéger les consommateurs vulnérables contre la vente ambulante ?

 

Des camions-magasins écument les quartiers pauvres des villes de Nouvelle-Zélande. Ils vendent vêtements, linge de maison, meubles, équipement électronique et depuis peu des produits alimentaires. Leurs prix sont plus élevés que dans les magasins conventionnels, mais ils proposent des facilités de paiement, à tempérament, à la semaine ou au mois. A des taux élevés. Les vendeurs comme les clients ne considèrent que les petites sommes à payer toutes les semaines, oubliant ou omettant la somme totale.

 

On ne peut pas manquer ces camions aux couleurs vives dans les quartiers déshérités du sud d’Auckland et de Porirua depuis quelques années. On en voit maintenant de plus en plus aussi dans d’autres banlieues : East Cape, Napier, Rotorua, Whangarei et Whakatane. Leurs prix sont bien plus élevés qu’en magasins, mais on peut repartir avec ses achats en payant seulement une petite somme. Autre raison de leur succès : ils ne vérifient pas la solvabilité des clients (credit checks) comme c’est normalement le cas en matière de crédit. Et ils viennent au-devant des gens. Parce que leurs clients n’ont souvent pas de véhicule, sont insolvables, ou n’ont pas d’argent pour mettre de l’essence dans leur voiture, ce qui les empêche d’aller faire leurs courses dans les magasins. Les clients ne se rendent pas compte du prix des produits qu’ils achètent, et pensent qu’ils peuvent se permettre de payer 20 ou 30 $ par semaine. Voilà pourquoi ils signent des contrats pour acheter des produits qu’ils trouveraient bien moins cher ailleurs. Les enquêteurs ont relevé des prix effarants : 20 $ pour boîte de conserve de corned-beef, 35 $ un paquet de nouilles, 66 $ pour du lait en poudre !

 

La "Commerce Commission " a enquêté pendant un an sur ces ventes en camions. Le rapport sera rendu en juin. Il y aurait 40 entreprises sur ce marché, qui opèrent depuis 1973, emploient 150 personnes et possèdent 72 camions.

 

Source : Consumer, avril 2015

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  L'association de consommateurs

 

 

Consumer NZ est une organisation indépendante à but non lucratif créée en 1959. L'association possède un large éventail d'activités liées à la protection et à l'information des consommateurs : essais comparatifs et des enquêtes sur les services et les biens de consommation, recherche et conseils sur dans les domaines financier, alimentaire, de la santé, la sécurité, le bien-être et l'environnement. Consumer NZ représente les consommateurs au sein des comités parlementaires et fait régulièrement des propositions au gouvernement sur toute question touchant les consommateurs. Son journal mensuel "Consumer" est plébiscité par les Néozélandais depuis plus de 40 ans.

 

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ALLEMAGNE

 

Les pâtées pour chiens ne contiennent pas toujours les apports essentiels à leur santé

 

En Allemagne, les propriétaires de chiens dépensent 1,7 milliards d’euros par un an pour l’alimentation de leur ami à quatre pattes. Beaucoup choisissent un aliment complet qui contient tous les nutriments dont leur animal de compagnie a besoin. La Stiftung Warentest a fait un essai comparatif de 30 pâtées : 14 d’entre eux ne garantissent pas l’apport promis.

 

Les besoins des chiens sont complexes : minéraux, vitamines, acides gras et protéines. L’apport en calcium doit être trois fois plus élevé que chez l'homme. Les aliments pauvres en calcium peuvent à terme, en fragilisant les os, provoquer douleurs et problèmes de squelette. L'acide linoléique, un acide gras insaturé, est bon pour le pelage. Une carence peut rapidement provoquer l’hirsutisme. Le cuivre est un oligo-élément important pour la formation du sang, mais aussi le pelage et les dents. Les vitamines B1 sont également Indispensables.

 

Huit pâtées sont jugés très bonnes par le centre d’essais, parmi lesquels des produits bon marché achetés en drogueries, magasins de proximité et hard discount. La meilleure ration quotidienne pour un chien de 15kg modérément actif – le "chien modèle" du test, coûte moins de 1 €. Quelques produits de marque sont également très bons.

 

Beaucoup de propriétaires de chiens pensent que les produits qui contiennent le plus de morceaux de viande noble et maigre sont préférables. Foie, cœur et tripes sont de meilleures sources nutritionnelles. Que la viande provienne de bovins, de chevaux, de rennes ou de lapins est secondaire, le plus important est l’apport en nutriments. Les analyses en laboratoire ont permis de faire des découvertes étonnantes : pas de trace de viande de renne alors que la composition le mentionne, ou encore un produit étiqueté "100 % bœuf" qui contient aussi du porc et de la volaille. Les ingénieurs ont trouvé du cadmium dans deux produits, qui contenaient en plus de la viande de cheval.

 

De plus en plus de petits magasins se spécialisent dans la nourriture végétarienne et biologique pour chiens. Deux produits sans viande ont été testés et n’ont pas été jugés bons. Non parce que le régime végétarien n’est pas adapté, mais parce qu’ils n’apportaient pas les vitamines nécessaires.

 

Source : Test, mars 2015

 

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La Stiftung Warentest (fondation pour les essais comparatifs) est une organisation de consommateurs allemande créée en 1964 par décision du Bundestag afin d'offrir aux consommateurs, par des essais comparatifs de produits et services d'une aide indépendante et objective. La Stiftung Warentest coopère aussi avec le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC), Consumers International (CI) et l'Agence européenne chargée de la sécurité des réseaux et de l'information – European Network and Information Security Agency (ENISA) - l'agence européenne de «cyber-sécurité» chargée de la sécurité des réseaux et de l'information.

 

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BELGIQUE

 

En Belgique, les contrôles alimentaires sont enfin rendus publics !

 

Dans son éditorial, Luc Verheyen, rédacteur en chef du journal belge Test Achats, se réjouit d’une victoire importante pour tous les consommateurs, à l’issue d’un combat mené par l’organisation consumériste. Après 4 ans de procédures, le Conseil d’Etat a donné raison à Test Achats, en obligeant l’Agence pour la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA) à rendre publics les résultats de ses inspections dans l’hôtellerie, la restauration, les cafés et la distribution alimentaire.

 

On comptait encore, en 2013, 35 % de contrôles négatifs dans tout le secteur alimentaire. Pourtant, d’autres pays, où les résultats sont maintenant rendus publics, enregistrent une nette amélioration de l’hygiène. C’est le cas au Pays-Bas, au Royaume-Uni, en Irlande et au Danemark, où l’on applique un système de smileys. Ces émoticônes figurent sur le site internet et à l’entrée des magasins, restaurants et fast-foods. Avec un résultat incroyable, puis qu’au Danemark, par exemple, le nombre de rapport favorables a augmenté de 25 % en moins de 10 ans.

 

L’AFSCA s’inspire de cette approche, mais les résultats des contrôles seront symbolisés par des macarons bleus, au lieu des smileys. La classification proposée se base sur les résultats des visites d'inspection de l'infrastructure, de l’équipement et de l’hygiène. Le consommateur découvrira ces macarons sur un site de l’AFSCA, foodweb.be, où il pourra aussi consulter les rapports complets.

 

Ceci ne satisfait Test-Achats que partiellement. Car si l’AFSCA remplit enfin son devoir d’information, il est dommage que l’affichage des résultats à l’entrée du restaurant ou du magasin soit laissé à l’initiative du commerçant. "L’AFSCA n’a même pas prévu un autocollant officiel" s’indigne Test-Achats, qui rappelle que rien n’empêche les commerçants de prendre eux-mêmes l’initiative, dans leur propre intérêt !

 

Source : Test Achats, mars 2015

 

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L’asbl Test-Achats a été fondée en 1957 par des bénévoles. Test-Achats a évolué pour devenir une grande organisation de consommateurs qui, grâce à sa collaboration avec d'autres organisations, notamment en Espagne, Italie, Portugal et Brésil, joue désormais aussi un rôle au niveau européen et mondial. L’association est membre fondateur de l’IOCU (International Organisation of Consumers Unions), Consumers International aujourd’hui. En plus de son mensuel phare et d'un bimensuel spécialisé en santé, Test-Achats publie des périodiques d'informations et de conseils financiers : Test-Achats Invest et Fonds & Sicav.

 

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Alain-Henri Duval,
Service juridique, économique et de la documentation

 

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