Coronavirus (Covid-19) et krach boursier : les bons réflexes de l'épargnant


Depuis l’extension du Coronavirus à travers la planète, les marchés financiers ont dévissé partout dans le monde. Entre le 21 février et le 18 mars, le CAC40, indicateur du cours des actions des 40 plus grandes entreprises françaises, a chuté de près de 38 % en passant de 6030 à 3755 points. L’ensemble des marchés du monde a suivi la même trajectoire. Nous sommes donc face à un véritable krach boursier, tel que celui dit des "subprimes" de 2008.

 

Vous détenez un portefeuille de titres, une assurance-vie en unités de compte ou d’autres placements sur les marchés financiers, dont vous avez vu la valeur dégringoler. L'Institut national de la consommation vous livre quelques conseils pour faire face sans céder à la panique.

 

 

1 - En cas de krach, il est urgent de ne rien faire !

 

Lors d’un krach boursier, surtout ne pas vendre

Lors d’un évènement tel que celui du COVID-19, les marchés financiers se retournent. Les premiers acteurs à identifier ce mouvement sont les professionnels des marchés et les investisseurs institutionnels (assurances, banques …). Ces acteurs vont alors agir rapidement et souvent, renforcer la baisse des cours des marchés. Quand les investisseurs individuels constatent la baisse des marchés, il est déjà trop tard, les cours ont plongé. Ils ont déjà perdu une partie de la valorisation de leur titre.

 

Il est difficile pour des épargnants qui voient presque la moitié de la valeur de leurs titres s’envoler de ne pas vendre leurs actifs pour limiter la perte. C’est pourtant la dernière chose à faire ! Tant que vous ne vendez pas, la perte reste virtuelle. On parle de moins-value latente. Si vous vendez, la perte se réalise et devient réelle.

 

Respectez la durée initiale de votre placement

Un investissement dans des actifs risqués, tels que des actions ou des unités de compte, est un investissement de long terme, avec un horizon de 15 ou 20 ans voire plus. Un krach boursier ne doit pas modifier votre horizon de placement.

 

En effet, le krach est récurrent dans le fonctionnement des marchés. Krach dit des « junk bonds » de 1989, éclatement de la bulle Internet en 2000, crise « subprimes » en 2008, krach du Coronavirus en 2020. Ces 30 dernières années suffisent à montrer l’activité cyclique des marchés. Après chaque chute brutale des cours, ces derniers sont repartis à la hausse dans un temps relativement court.

 

Si vous avez besoin de liquidités, il vaut mieux utiliser votre épargne de précaution ou sortir de l’épargne sécuritaire (par exemple le fonds en euro d’une assurance-vie) que vous vous êtes normalement constituée avant d’investir sur des placements très risqués.

 

 

2 - Que faire une fois le krach passé ?

 

Faites un bilan de votre patrimoine financier

Une fois le krach passé, il est temps de faire le bilan de vos placements et penser à rééquilibrer, diversifier, réadapter vos placements à vos projets et votre horizon d’investissement.

 

Certains spécialistes considèrent même que la période juste après un krach boursier est le meilleur moment pour acheter des actions au cours faibles et profiter de la reprise des marchés. Cependant, les investisseurs plus prudents préféreront réaliser des versements réguliers ou des arbitrages progressifs permettant ainsi de lisser le prix d’achat des actions et les risques.

 

Ne placez dans des investissements risqués que ce que vous êtes prêts à perdre.

Comme on le voit, les placements dans des actifs risqués sont des placements de long terme. Cela signifie qu’il ne faut pas avoir besoin de cet argent de façon urgente. Avant de se lancer dans ce type de placements, il faut d’abord se constituer une épargne de précaution, c’est-à-dire une épargne disponible rapidement, qui servira en cas de coup dur ou de dépenses exceptionnelles (comme un voyage ou l’achat d’un véhicule).

 

Une fois cette réserve constituée, l’épargnant peut investir dans des produits de plus long terme qu’il choisira en fonction de ses objectifs : préparer un achat immobilier, payer les futures études des enfants, se constituer des revenus pour sa retraite, transmettre son patrimoine … A chaque objectif correspondent des placements différents, comportant une part plus ou moins importante de risque.

 

Ce n’est qu’avec une somme que vous êtes prêt à perdre que vous pouvez investir dans des produits très risqués. Cette somme ne doit pas représenter plus de 5 à 10 % de votre patrimoine financier.

 

Diversifiez votre patrimoine

Il est important de ne pas "mettre tous ses œufs dans le même panier" pour se protéger le plus possible des risques. N’investissez pas toute votre épargne en actions, investissez également dans d’autres placements financiers en fonction de vos objectifs et du niveau de risque que vous êtes prêt à accepter et ayez de côté une épargne de précaution.

 

Pour réduire le risque de perte en capital et la volatilité du portefeuille, les spécialistes conseillent d’investir dans différentes classes d’actifs (actions, obligations, fonds en euros, unités de compte, SCPI …), dans différentes régions (France, Europe, pays émergents, pays d’Amérique du Nord, Asie…) et dans différents secteurs (automobile, industries agroalimentaires ou de santé, secteur bancaire, des services, nouvelles technologies …).

 

Investissez de façon régulière

Il est impossible de savoir à quel niveau on se trouve de l’évolution des marchés financiers : demain ou après-demain, les marchés vont-ils augmenter ? Baisser ? Pendant combien de temps ?

 

C’est pourquoi il est conseillé de ne pas investir toutes vos liquidités en une seule fois, mais en effectuant des investissements progressifs, en plusieurs fois étalées dans le temps, voire de façon mensuelle. Cela permet de lisser le risque, car votre exposition au risque n’augmente que progressivement. L’investissement régulier diminue l’influence des fluctuations boursières : les achats à prix élevés sont compensés par les achats à prix bas.

 

Attention aux frais

Tous les professionnels de la finance vous le diront : à long terme, la tendance des marchés est à la hausse et les placements financiers tels que les actions rapportent si on les garde suffisamment longtemps.

 

Cependant, de nombreuses études qui portent cette affirmation se basent sur l’évolution des cours de marchés. Ils ne prennent donc pas en compte une composante essentielle qui va fortement diminuer la performance des investissements : les frais.

 

Pour évaluer ce que vous rapporte un placement financier, il ne suffit pas de regarder sa performance brute. Il faut également prendre en compte votre situation fiscale, le niveau de l’inflation et surtout les différents frais du placement.

 

Avant de vous lancer dans de nouveaux placements, il est nécessaire de comparer les frais des différents placements et des différents acteurs.

 

> Vidéo Consomag "Pourquoi et comment comparer les frais des placements ?"

 

Soyez vigilant aux arnaques

Des démarchages à domicile ou par téléphone, des mails non sollicités, des publicités sur Internet, les arnaques aux placements ne manquent pas. Il s’agit le plus souvent d’investissement dans des produits atypiques tels que les diamants, les vaches laitières, le vin, les forêts, les terres rares …

 

Le point commun de toutes ces propositions est d’afficher une promesse de rendement nettement supérieure aux placements traditionnels.

 

> Vidéo Consomag "Comment reconnaître une arnaque"

> Appli de l’Autorité des marchés financiers "AMF Protect Epargne : ne tombez pas dans le piège des escrocs"

 

 

3 - Pour en savoir plus

Le dossier vidéos de l’INC réalisé en partenariat avec l’Autorité des marchés financiers (AMF) "Placements financiers : réussir son épargne"

 

Toutes les fiches conseils de l'INC"" sur l’épargne et les placements réalisées en partenariat avec l’Autorité des marchés financiers (AMF).

 

Stéphanie Truquin,

Economiste à l'Institut national de la consommation (INC)

Haut de page