Investir dans le Bitcoin : mise en garde de l'AMF et de l'ACPR


Cette "monnaie virtuelle" fait l'objet de nombreux articles à cause de la hausse de son cours. Mais attention, investir dans le Bitcoin n'est pas sans risque comme le montre la récente chute de sa valeur.

 

Le Bitcoin : qu'est-ce que c'est ?

Créé en 2009, le Bitcoin est la plus connue des "crypto-monnaies" ou "monnaies virtuelles". Il est complètement dématérialisé et repose sur un protocole informatique de transactions cryptées et décentralisées appelé "blockchain" ou "chaine de blocs".

 

C'est un système indépendant des banques qui fonctionne en réseau sans intermédiaire : le Bitcoin n'est émis par aucune banque centrale, comme la Banque de France. On peut accéder à ce système en téléchargeant une application ou en s'enregistrant sur un site web qui donne accès au réseau Bitcoin. 

Les internautes membres du réseau sont appelés "Bitcoins miners". Ils peuvent participer au processus de contrôle collectif du bitcoin et de création des nouveaux Bitcoins et en obtenir en retour. Pour cela, ils investissent dans des ordinateurs mis en concurrence pour développer des fonctions mathématiques complexes qui permettent de vérifier la validité de la transaction, c'est-à-dire l'authenticité du payeur et la disponibilité des fonds. Celui qui remporte la validation reçoit en contrepartie des Bitcoins : cela s'appelle le "Bitcoins mining

 

Le nombre de Bitcoins est limité à 21 millions d'unités et 80 % des Bitcoins ont déjà été émis et mis en circulation. Toutefois, le rythme de production du Bitcoin est divisé par deux tous les quatre ans : les 21 millions d’unités devraient donc être presque intégralement produites en 2033.

 

 

Le Bitcoin n'est pas une monnaie

Le Bitcoin ne peut être qualifié de monnaie ni être considéré comme un moyen de paiement selon le code monétaire et financier. Par conséquent, il n'est pas assujetti au cadre réglementaire relatif aux moyens de paiements. 

 

Cependant, le ministère de l'Economie et des Finances a répertorié, en octobre 2017, le Bitcoin dans la liste des moyens de paiement alternatifs.

 

"Le Bitcoin est la première devise monétaire électronique décentralisée. Il s’agit de “jetons électroniques”. Les Bitcoins se transmettent d’une personne à l’autre à travers le réseau sans passer par les banques. Il existe plusieurs bourses de change où sont achetés les Bitcoins contre des dollars, euros, ou autre devise.

Le système fonctionne en open source, tout le monde peut consulter son code. Ce mode de paiement alternatif doit être traité aussi prudemment que des transferts d’argent classiques. La Banque de France et le réseau Bitcoin ont donné à cet égard un certain nombre de recommandations" – 10 octobre 2017.

 

Le Bitcoin peut être accepté comme moyen de paiement sur certains sites web et certains commerces de proximité. Il peut être converti en devises classiques (dollar, euro) sur des plateformes ou places de marché en ligne, mais il n'a pas cours légal en France contrairement à l'euro.

Pour payer un vendeur de biens ou de services en Bitcoins, il est nécessaire de recevoir de sa part une "adresse", c'est-à-dire une succession de lettres et de chiffres, à laquelle l’acheteur envoie le montant de Bitcoins dû. Les transferts de Bitcoins ont lieu par un échange d'adresses (une adresse d'origine et une adresse de destination) : échanger des Bitcoins est comparable à échanger des emails.

 

 

Attention : investir dans le Bitcoin est risqué !

Le Bitcoin est considéré comme pouvant potentiellement générer des gains, ce qui a attiré l'engouement d'investisseurs individuels et de spéculateurs. Son essor est favorisé par l'absence de règlementation spécifique.

 

Mais attention avant d'acheter des Bitcoins, il faut être vigilent aux variations de cours. Son marché est non régulé, et son taux de change est volatile d’où un risque accru pour les investisseurs. 

 

Ainsi, le cours du Bitcoin a été multiplié par 10 en moins d'un an et s'est envolé en novembre/décembre 2017, passant les 10 000 dollars.

Aussi, l'Autorité des marchés financiers (AMF) a mis en garde en novembre les investisseurs.

 

En décembre 2017, elle publie un communiqué de presse commun avec l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), pour mettre en garde les épargnants sur les risques liés au Bitcoin, notamment de bulle financière, le cours étant très fluctuant, et extrêmement volatile : les investissements sont risqués

 

Les deux autorités conseillent donc aux épargnants d'être vigilents avant d'investir une partie de leurs économies dans l'achat de Bitcoins : les risques de perte sont très élevés et les transactions s'effectuent en dehors de tout marché réglementé, il n'y a aucune garantie ni protection du capital investi. Il est également conseillé de procéder aux vérifications habituelles (agrément du coutier (prestataire de service d'investissement), compréhension du produit...).

 

Cela s'est avéré en janvier : l'éventualité d'un encadrement des transactions des Bitcoins a fait chuté le cours du Bitcoin de 45 % en moins d'un mois (de mi-décembre 2017 à mi-janvier 2018), avec un Bitcoin autour de 5 500 euros, comme le montre le montre le graphique suivant.

 

 

Pour en savoir plus

> Pour toute question, vous pouvez contacter Assurance-Banque-Epargne Info service www.abe-infoservice.fr ou téléphoner au 0811 901 801 (coût :5 centimes d'euro la minute + le prix d'un appel),

AMF : Investir dans la Bitcoin ; prudence ! (15/11/2017)

Communiqué de presse de l'AMF et de l'ACPR : "Achats de Bitcoins : l'AMF et l'ACPR mettent en garde les épargnants" (04/11/2017)

 

Corinne Lamoussière-Pouvreau

Juriste à l'Institut National de la Consommation

et

Léa Dailly

Economiste à l'institut National de la Consommation

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