Baisser le prix des carburants par une baisse des taxes

Communiqué de presse de la Fnaut


Un objectif contradictoire avec la lutte contre le réchauffement climatique


Divers  organismes  ou  partis  politiques  préconisent  une  baisse  du  prix  des  carburants  afin  de  répondre  aux préoccupations des ménages modestes confrontés à une forte hausse du prix du pétrole. Mais une baisse des taxes serait contradictoire avec la lutte contre le dérèglement climatique, qui doit rester un objectif prioritaire. La hausse du prix du pétrole est l’occasion de réorienter la politique des transports et de favoriser un report du trafic automobile vers la marche, le vélo et le transport public.

 
Les taxes sur les carburants sont justifiées
 
Elles permettent d’assurer l’entretien des routes, la création des nouvelles routes et de payer les coûts externes du  trafic  routier :  congestion,  nuisances,  accidents,  émissions  de  CO2,  mais  en  partie  seulement  comme  l’a montré une étude récente de la Direction Générale du Trésor.

 
Baisser ces taxes ne peut qu’accentuer ces coûts et les émissions de gaz à effet de serre en incitant à se déplacer en voiture : or tous les citoyens sont concernés par le réchauffement climatique, qui s’accélère et dont l’usage généralisé de la voiture, du camion et de l’avion est le principal responsable.

 
C’est la dépendance automobile qu’il faut réduire
 
Pour y arriver, une nouvelle politique volontariste des déplacements est indispensable (voir annexe page 2). De nombreuses  possibilités  permettent  de  favoriser  un  report  vers  la  marche,  le  vélo  et  le  transport  public,  par exemple abaisser le taux de TVA de 10 à 5,5 % sur les transports publics terrestres et développer une tarification solidaire tenant compte des ressources réelles des usagers.

 
On peut aussi agir sur l’urbanisation diffuse en densifiant l’habitat et les activités autour des gares et stations terminales  de  tramway,  afin  de  structurer  l’étalement  urbain  à  l’origine  de  la  dépendance  automobile  et  de réduire le besoin de se déplacer quotidiennement en voiture sur de longues distances.

 
Une baisse des taxes serait inéquitable
 
Une  diminution  des  taxes  pour  tous  profiterait  indûment  à  ceux  qui  peuvent  payer  le  carburant  au  prix  du marché : l’aide doit donc être ciblée sur les ménages les plus défavorisés afin d’alléger leurs dépenses, sous forme d’un chèque carburant, moins coûteux pour l’Etat qu’une baisse des taxes.

 
La pratique de l’écoconduite (à quand une campagne nationale sur ce thème ?), l’abaissement des limitations de vitesse selon le modèle suisse (autoroutes : 120 km/h, voies rapides : 100, autres routes : 80) et le rabattement sur les gares permettraient également de réduire la dépense en carburant.

 
Les ménages modestes ont tout à gagner à une réduction du trafic routier :

 

  • Ces ménages sont les plus soumis aux nuisances du trafic routier, surtout au bruit.
  • Ils sont moins motorisés que la moyenne et attendent un développement énergique des transports publics leur garantissant un réel droit à la mobilité et les préservant d’une hausse du prix du pétrole.

Les mesures préconisées par la FNAUT

 

1 - En milieu urbain, pour les déplacements quotidiens, donner la priorité aux aménagements cyclables et aux transports collectifs classiques électriques, particulièrement économes en énergie et peu émetteurs de gaz à effet de  serre,  en  investissant  massivement  dans  les  tramways  et  RER  métropolitains.  Les  correspondances  et l’intermodalité tarifaire doivent être facilitées.

 
2 - Investir massivement sur le réseau ferré classique (lignes régionales, lignes transversales, desserte des villes moyennes, trains de nuit). Renforcer les correspondances TGV-TER.

 

3 - Compléter  le  réseau  des  LGV  en  desservant  Toulouse  et  Nice,  afin  d’intensifier  le  report  du  trafic  aérien intérieur sur le train, amorcer une transversale sud à grande vitesse, inscrire au programme de relance le barreau d’interconnexion Massy-Valenton afin d’améliorer la compétitivité du train pour les relations transversales entre la façade atlantique et la Région Rhône-Alpes et créer des emplois.

 

4 - Créer  des  réseaux  d’autocar  à  fréquence  élevée  et  à  large  amplitude  horaire,  sur  le  modèle  suisse  ou autrichien, pour desservir les zones périurbaines et rurales. Développer des réseaux de minibus et de transport à la demande dans les zones de faible densité de population.

 
5 - Renforcer  les  taxes  sur  les  billets  d’avion,  court-courrier  et  long-courrier,  comme  dans  de  nombreux  pays européens (Norvège, Autriche, Allemagne, Grande-Bretagne...). Développer les trains de nuit.

 
6 - Revoir le barème fiscal kilométrique, une niche fiscale qui surestime de plus de 30 % le coût d’usage de la voiture et incite à utiliser la voiture pour les déplacements domicile-travail. Adapter la fiscalité sur l’automobile pour inciter à l’achat de véhicules sobres et taxer ceux très consommateurs d’énergie (SUV).

 
7 - Limiter les vitesses autorisées sur route : 120 km/h sur les autoroutes, 100 sur les voies express et 80 sur les
routes ordinaires, comme en Suisse. Lancer une vaste campagne d’incitation à l’éco-conduite.

 
8 - Introduire  le  péage  urbain  dans  les  villes  où  les  alternatives  à  la  voiture  sont  déjà  bien  développées.
Accompagner cette mesure par un soutien prononcé à l’autopartage en boucle.

 
9 - Développer massivement l’auto-partage  en zone urbaine, afin d’inciter les citadins à se démotoriser et de
récupérer un espace public nécessaire à la marche, au vélo et aux transport publics de surface.

 
10 - Rénover les lignes capillaires fret, utilisées par 20 % des trains de fret ; poursuivre les travaux de la liaison Lyon-Turin, financer la ligne d’accès depuis Lyon au tunnel inter-frontalier. Développer le transport combiné rail-route, créer de nouvelles autoroutes ferroviaires. Renforcer la desserte des ports.

 

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