Acheter un siège auto pour un enfant handicapé : comment choisir ?


L'Institut national de la consommation, avec le soutien de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie, a réalisé un essai comparatif de 10 sièges auto pour enfants. Sept modèles classiques et trois modèles adaptés au handicap ont été évalués en fonction de trois types de handicap.

Nos conseils pour choisir un siège auto pour un enfant en situation de handicap.


Jusqu’à 10 ans, un enfant doit être installé dans un siège homologué et adapté à son âge, à son poids et à sa morphologie. Le code de la route et les normes de sécurité européenne imposent des règles de sécurité très strictes pour tout équipement permettant le transport de son enfant dans un véhicule.

 

Comme tous les enfants, les enfants en situation de handicap sont soumis à cette obligation. Or, un enfant dans cette situation peut présenter une déficience de tonus neuromusculaire par faiblesse (hypotonie posturale) ou excès (hypertonie), une activité motrice volontaire restreinte ou anormal, ou encore des troubles du comportement. Ces caractéristiques particulières peuvent nécessiter l’utilisation d’un siège avec des caractéristiques spécifiques comme par exemple :

 

  • une embase pivotante pour aider à l'installation de l'enfant dans son siège-auto,
  • un plot d’abduction, cale-troncs, sangles de maintien 2 ou 5 points,
  • un système de verrouillage sécurisé et adapté pour éviter que l'enfant ne se détache pendant son transport,
  • une évolutivité des siège-auto pour accompagner la croissance de l’enfant.

Les contraintes liées au poids, à l’âge et la morphologie et pathologie de l’enfant handicapé, vont vous orienter vers un siège auto pour enfant plus adapté qu'un autre, qu'il soit spécialement conçu pour une situation de handicap ou non.

 

Notre essai comparatif porte sur dix sièges auto destinés à des enfants d’environ 3 à 12 ans, dont trois sièges vendus spécifiquement pour des enfants en situation de handicap. Ils appartiennent au groupe 2/3 (15 à 36 kg) selon le R44 et au groupe 100-150 cm selon le R129 i-size. Car actuellement, en matière d'homologation, deux réglementations coexistent. Depuis 2013, c’est le règlement R129, également connu sous le nom i-size, qui s’impose aux nouveaux produits mis sur le marché. Il classe les sièges en plusieurs catégories en fonction de la taille de l’enfant. Mais les produits plus anciens, toujours en vente, répondent, eux, au règlement précédent, le R44, qui est fonction du poids (le R44 S est pour les sièges auto adaptés aux enfants handicapés).

 

  • Les tests et analyses de sécurité ont été réalisés en laboratoire pour évaluer, en cas d’accident, la capacité protectrice des sièges notamment à l’aide d’une catapulte équipée de capteurs et de caméras à haute vitesse pour mesurer les effets d’un choc sur le mannequin. La simulation est effectuée à 50 km/h pour le choc avant, et à 25 km/h pour le choc latéral.
  • Un essai d’utilisation en situation réelle a été réalisé par quatre panelistes, dont deux avaient déjà des enfants. Un expert du laboratoire a, de plus, suivi les essais.
  • Notre ergothérapeute a évalué l’utilisation de ces dix sièges pour des enfants de 8 ans pour trois handicaps types : troubles du spectre de l’autisme ou troubles intellectuels, pathologie neuromusculaire et paralysie cérébrale.

> Téléchargez le tableau de synthèse de notre essai comparatif

 

  • Dans la situation d’un enfant présentant des troubles du spectre de l’autisme ou des troubles intellectuels, les sièges adaptés n’ont pas de plus-value par rapport à certains sièges grand public testés.
  • Dans la situation d’un enfant ayant une pathologie neuromusculaire ou une paralysie cérébrale, les sièges Marubishi et Thomashilfen Recaro sont mis en avant par notre ergothérapeute. Le Thomashilfen Navigator a été écarté pour cause de mauvais usage potentiel constaté de son harnais de posture.
  • L’adjonction d’un harnais cinq points de maintien postural, voire un plot d’abduction sur certains sièges grand public de notre test permettrait de les adapter pour certaines pathologies neuromusculaires évolutives, et ce à un coût relativement faible. Toutefois, un tel ajout n’est en principe pas autorisé. C’est d’autant plus regrettable que les sièges spécialisés, parfois conçus en adaptant un siège grand public, sont particulièrement onéreux.

Avant d'acheter, un essai préalable est souhaitable pour vérifier la position, la sécurité et le confort de l'enfant dans son futur siège auto.

 

> Consultez les fiches de synthèse de l’expertise de notre ergothérapeute sur l'adaptabilité des sièges pour trois enfants "types" en situation de handicap
 

> Consultez le protocole de l'expertise sur l'adaptabilité des sièges auto pour trois enfants "types" en situation de handicap

 

> Consultez les résultats de l’essai comparatif de sièges auto pour enfants publié dans le magazine 60 Millions de consommateurs (mai-juin 2020) (contenu payant)

 


Cet essai comparatif a bénéficié d’un financement de la part de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA)
 

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